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Homélie : « VOICI MAINTENANT LE MOMENT FAVORABLE. »

enfant cendre
Christ Mag

Un proverbe Britannique dit : « Un bon fermier n’est ni plus ni moins qu’un homme de main avec un sens de l’humus. » Un autre proverbe ajoute : « Cendres à la cendre, poussière à la poussière, si le Seigneur ne vous comprend pas, le diable se doit de. »
Aujourd’hui, la pénitence du Carême a commencé. Nous nous sommes embarqués dans un voyage de quarante jours de spéciale méditation sur le néant humain et l’amour providentiel de Dieu ; un amour qui ne regarde pas à nos péchés, mais qui est plutôt désireux de pardonner jusqu’à se donner pour nous. Le mercredi des cendres marque le début de l’amour immense de Dieu qui le conduira à se sacrifier pour le salut des pécheurs.
En nous ouvrant à ce voyage, le signe des cendres bénies est une invitation à répondre à l’appel du Seigneur à la conversion. Nous sommes tous exhortés à revenir vers lui de tout notre cœur et à lui exprimer notre désir intérieur de renouveau.
Avant d’entrer dans la profondeur de la liturgie d’aujourd’hui, réfléchissons au symbolisme des Cendres. Les cendres sont, on peut le dire, un simple signe mais avec un message profond. Ce n’est pas un sacrement, ni un sacramentel. Par nature, les cendres sont les choses les plus inutiles. Personne ne valorise réellement les cendres, si ce n’est pour être versées sous les arbres comme engrais ou jetées comme ordures. Il n’y a pas de maisonnée où l’on puisse voir des cendres jalousement et précieusement gardées. C’est au contraire assez encombrant. Néanmoins, au niveau spirituel, cela symbolise une grande valeur : l’humilité. La cendre ramène l’homme à son origine, ‘Humus’, et cela lui rappelle son néant.
L’imposition des Cendres, alors que nous entrons dans notre pèlerinage de Carême est alors, un grand rappel pour nous, que nous sommes faits de rien, de l’humus, et en rien nous ne retournerons. Ainsi, ces paroles du prêtre et des ministres, tout en marquant notre front, « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière. » Plus qu’un simple avertissement pour nous faire peur, c’est en fait une invitation ferme à nous convertir et à croire en la Bonne Nouvelle.
Le Temps de Carême est donc le moment par excellence du repentir. Et les lectures d’aujourd’hui sont toutes synchronisées sur ce besoin. Paul, en deuxième lecture, le lance comme une invitation, nous implorant, « laissez-vous réconcilier avec Dieu. » Et il termine son discours en disant : « Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut. » Bien que courts, ces mots sont un appel fort et donnent tout le sens du Carême. Un moment très favorable pour se rapprocher de Dieu. Un temps pour se dépouiller du péché et embrasser la justice. Le Carême en ce sens n’est pas un temps d’auto-punition. Mais un temps pour embrasser la bonté, un temps de victoire sur le mal.
Nos privations ou abstinences de Carême, au-delà du sens de la mortification, doivent être considérées et entreprises non pas comme une punition, mais comme une aide pour nous rapprocher de Dieu.
Dans ce sens, la première lecture peut être bien comprise lorsque le prophète Joël nous appelle à retourner au Seigneur de tout notre cœur. Nous sommes exhortés à déchirer nos cœurs, non pas nos vêtements. Nous lisons clairement que les vraies mortifications ne sont pas tant ces pratiques externes que les pratiques intérieures et les exercices corporelles. Il ne suffit pas d’avoir le visage sombre de Vendredi Saint, des vêtements sales et les lèvres sèches pour dire que nous obéissons aux observances du Carême. Nous avons besoin d’une conversion intérieure et d’un renouvellement sincère.
Sur la façon de vivre cette conversion intérieure, les exercices corporels et spirituels, dans l’Évangile, le Seigneur Jésus donne des moyens détaillés : l’aumône, la prière et le jeûne. Ces pratiques spirituelles et corporelles ne sont cependant pas une parade ou exhibition. Le Carême n’est pas le moment de montrer sa religiosité. Ce n’est pas un temps pour nous impressionner, impressionner les autres ni impressionner Dieu.
Nous jeûnons, nous donnons l’aumône, et nous prions, non pas en vue de surprendre ou faire une démonstration aux autres de notre super-chrétienté. Tout ce que nous faisons en ce temps, c’est pour que nous revenions à Dieu. N’oublions donc pas le vrai sens des cendres qui nous ont été imposées : l’humilité. Que notre prière, notre aumône et notre jeûne soient revêtus de cette humilité. Car tout ce qui se fait sans humilité et en vue d’impressionner mène à la vaine gloire, et donc au péché. En cette période de grâce, n’ajoutons donc pas de péché à nos péchés.
De manière pratique, nous pourrions décider, en ce temps de transformation intérieure et extérieure, de ne prendre aucune photo de nos bonnes actions et de nos œuvres caritatives envers les nécessiteux. Dieu les voit déjà. Pas donc besoin de montrer ce que vous faites au monde entier sur Facebook ou tout autre réseau social. Deuxièmement, ne siffler aucune trompette sur notre jeûne ; prier sans publicité. Le Carême est un temps d’humilité. Devenons véritablement ce que nous sommes, ‘humus’, et nous seront plus proche de Dieu.

Stan le Héros

R par Louis Kpadessi

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Tags : biblecarèmeDieuhomeliemercredi des cendres
louis kappy

The author louis kappy

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